BULLETIN D'INFORMATIONS INTERNES DU RPG:MINLAN N°09

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      R  P  G

 

Liberté-Equité-Solidarité

 

LA SOLIDARITE SELON PAUL MBA ABESSOLE

La solidarité constitue le troisième terme de la devise du RPG. Dans le présent article, nous en parlons avec un extrait du fascicule intitulé : « Avec les yeux de nos ancêtres » publié en Janvier 2009.

La solidarité pose problème actuellement dans notre pays. Autant elle était inscrite dans nos traditions autrefois, autant aujourd’hui elle est regardée comme une valeur archaïque. Au constat de tous, nous nous enfonçons de plus en plus dans l’individualisme. Le principe du chacun pour soi est ancré dans les mentalités. On entend dire : « Mes affaires marchent, le reste ne m’intéresse pas. Celui qui ne réussit pas, c’est qu’il n’est pas malin. Tant pis pour lui. »

Il est bien évident que l’individualisme ne peut pas mener au vrai changement que tout le monde souhaite. Non seulement, il ne peut pas mener au développement qui est un produit du travail en équipe.

Le travail en équipe peut être à la fois manuel et intellectuel. C’est lui seul qui fait progresser. Qu’on se souvienne du processus du développement industriel. Il a commencé, en effet, au moment où on a initié le travail à la chaîne, c’est-à-dire le travail en équipe. Qu’on se souvienne aussi que la première puissance industrielle, les Etats-Unis, est devenue ce qu’elle est aujourd’hui parce qu’elle a privilégié le travail en équipe, dans tous les secteurs de ses activités. Le travail en équipe des intelligences est ce qu’il y a de plus puissant au monde. Ce pays a compris cela avant tous les autres. Grâce à cette méthode, tous les sujets d’actualité et d’avenir, dans tous les domaines, sont traités sous tous leurs aspects. Les résultats sont là. Le travail en équipe transforme la diversité en une dynamique de progrès. Elle amène les membres d’une équipe à se sentir solidaires et à partager leurs compétences. Ainsi, en tout ce qu’ils font, se sentent-ils forts, car chacun sait que l’autre lui apportera ce qui lui manque et vice versa. Ce que l’on dit de la solidarité par rapport à une équipe, on peut le dire par rapport à une nation, par rapport au monde. Se pose alors la question de savoir ce qu’est la solidarité. La solidarité est

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

une dépendance mutuelle entre les êtres humains, due au besoin qu’ils ont les uns des autres, et d’où peut découler une responsabilité mutuelle, politique, économique ou associative. C’est ici que je rejoins un texte d’une portée internationale, L’Encyclique Populorum progressio(Le progrès des peuples) de Paul VI (26.03.1967), toujours actuel, dont malheureusement on ne parle plus, alors qu’il contient des idées qui peuvent nous aider à bâtir notre solidarité. Les hommes politiques de notre pays seraient bien avisés de le lire. Ce message interpelle, en effet, tout le monde et chaque peuple en particulier. Il mérite qu’on s’y arrête. Ce texte montre l’importance et la nécessité de la solidarité dans la vie des peuples. Il présente d’abord l’aspiration profonde de l’homme : « une aspiration à être affranchi de la misère, à trouver sa subsistance, la santé, un emploi stable, à participer davantage aux responsabilités, hors de toute oppression, à être instruit… »(§6). Ensuite, le pape montre que ce développement n’est pas n’importe lequel. Il cite L.-J. Lebret pour qui le développement doit être intégral ; il doit promouvoir tout homme et tout l’homme. « Nous n’acceptons pas, dit cet auteur, dans son livre Dynamique concrète du développement, de séparer l’économique de l’humain… Ce qui compte pour nous, c’est l’homme, chaque homme, chaque groupement d’hommes, jusqu’à l’humanité entière ». Paul VI entend bien que ce développement ne peut se faire que si les hommes se mettent ensemble et qu’ils tissent entre eux les liens de solidarité. Il situe celle-ci dans le développement comme l’air dans une roue. Il écrit : « Le développement intégral de l’homme ne peut aller sans le développement solidaire de l’humanité… L’homme doit rencontrer l’homme, les nations doivent se rencontrer comme des frères et sœurs. Dans cette compréhension et cette amitié mutuelles… nous devons également commencer à œuvrer ensemble pour édifier l’avenir commun de l’humanité » (§ 43). La solidarité n’est pas facultative, aux yeux de Paul VI, elle est un devoir entre les personnes et entre les nations. « S’il est normal qu’une population soit la première bénéficiaire des dons que lui a faits la Providence comme des fruits de son travail, aucun peuple ne peut, pour autant, prétendre réserver ses richesses à son seul usage. Chaque peuple doit produire plus et mieux, à la fois pour donner à tous ses ressortissants un niveau de vie vraiment humain et aussi pour contribuer au développement solidaire de l’humanité » (§ 48). Ce qui est dit dans cette Encyclique du pape Paul VI peut parfaitement s’appliquer à la situation actuelle dans notre pays. Autour de nous, des gens qui ont une fringale des richesses et de l’argent. L’argent, l’argent et encore l’argent, ils n’en ont jamais assez. Ils veulent être les seuls possesseurs des biens. Personne d’autre ne doit en avoir. On veut réduire les autres à l’état de mendiants. II ne faut surtout pas qu’ils deviennent autonomes ! On pourrait croire que le Gabon et toutes les richesses qu’il renferme leur appartiennent à eux tout seuls… »

 

REACTION DE TÄRE EVIVI NGUEMA (UN INTERNAUTE DE FRANCE) AU TEXTE DE PAUL MBA ABESSOLE SUR LE COLLEGIALISME.

 

Cette réaction a été publiée dans Facebook, le vendredi 06 avril 2012 et adressée à Léonard Ekokonsong. Nous la publions ici avec son autorisation. Le souhait de Täre EVIVI NGUEMA est tout simplement de susciter, selon ses propres termes, une plus grande discussion dans l’intérêt du pays.

«  Mbole A  Nyamore,

J’espère que tu te portes bien et que tes activités progressent comme tu le souhaites ainsi que celles du RPG. Je viens de lire l’article du Père Mba sur le Collégialisme, article que j’ai particulièrement trouvé intéressant sur l’idée principale d’une gouvernance collégiale dont les principes sont le consensus et la concertation. Cette idée, pour être féconde et mieux comprise, mériterait d’être approfondie et diffusée. D’abord, parce qu’elle n’a pas, à ma connaissance, été évoquée par des personnalités politiques, elle permettrait d’ouvrir une meilleure discussion sur les institutions et le rôle des leaders ou partis politiques du pays. Ensuite, si cette idée du consensus fait l’objet de quelques réflexions, ici et là, de quelques universitaires, elle n’a pas été structurée comme un projet politique majeur. La réflexion pourrait commencer par une recherche des modalités d’application d’un tel système politique avec ses dimensions économiques et sociales. Politiquement, un tel système conjugue, à la fois, la décision concertée et la démocratie participative. Elle rapproche donc le chef des autres membres de la communauté, mais surtout la parole (la palabre) au plus grand nombre par une intégration du Corps de Garde dans la république. Ainsi, chaque corps de garde est une parole, mais surtout un lieu de délibération.

Sur le plan économique, le développement n’est point possible sans le partage et la solidarité qui sont des valeurs fondamentales de nos traditions. Ces valeurs mettent au cœur du développement une conception à rebours de l’individualisme qui se répand désormais dans notre société. La dimension sociale du collégialisme se déclinerait par une meilleure prise en compte de toutes les couches sociales et de toutes les catégories de la population. Les jeunes, les femmes et les seniors occuperont pleinement leurs places sans exclusion pour une égalité plus efficace. Par ailleurs, le Père Mba parle de la notion d’Ekama qui devra être détaillée et surtout recherchée dans les autres communautés pour en donner une pertinence plus large. En déclinant ce concept dans toutes les langues, pédagogiquement cela facilitera une plus grande appropriation des populations. En outre, il serait tout aussi judicieux de proposer l’intérêt et l’enjeu actuels pour notre pays de façon plus pertinente qu’une simple ébauche telle qu’esquissée dans l’article (la question de la paix, de l’unité ou de l’échec de la démocratie occidentale). Enfin, on perçoit parfaitement aussi dans l’entendement du Père Mba d’une dimension philosophique de la Collégialité à travers la question du respect de l’autre, de l’étranger ou de l’immigré et particulièrement de sa contribution à la prise de décision. Il y intégrerait et réactualiserait son concept d’Ethnoconvivialité (du vivre ensemble des ethnies), ce qui serait d’ailleurs cohérent.

Sur ces différents points, je crois qu’il pourrait publier dans l’Union et Gabon Matin un article dans l’idée d’un appel au débat. « Le Collégialisme : contribution à un renouveau politique au Gabon »

Je suis disposé, cher grand frère, professeur et père, à lire tes avis et remarques sur ma proposition. »

 

La rédaction de MinlaȠ invite les lecteurs intéressés à lui faire parvenir leurs contributions sur le thème : « Le salaire au Gabon : un droit ou une faveur ? ». Ils pourront les adresser à : ekokonsong@yahoo.fr

Par ailleurs, elle annonce que tous les numéros du Bulletin sont disponibles sur le site : www.mendzimesoso.com.  Ce site contient également de nombreux articles sur la vie du Rassemblement Pour le Gabon.

 

LA REDACTION


 

 

 

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