DE LA NATURE DE LA CONFERENCE NATIONALE DE 1990 PAR PAUL MBA ABESSOLE

DE LA NATURE DE LA CONFERENCE NATIONALE DE 1990 PAR PAUL MBA ABESSOLE

DE LA NATURE  DE LA CONFERENCE  NATIONALE DE 1990

 

Bonsoir à tous,

 La question, à un moment donné, de la nature de la Conférence Nationale s'est posée. Devait-elle être souveraine ou pas ? Comme il fallait s'y attendre, des divergences surgirent. Le "Oui" était partagé par la majorité qui éprouvait un ras-le-bol du pouvoir PDG et du clan d'Omar Bongo. Bien évidemment, les gens du pouvoir était "Contre". Ils imaginaient mal leur vie sans leurs privilèges: l'argent, la belle vie, etc.

 Ma position était autre: j'avais une vision d'ordre juridique et prospectif. La conférence Nationale souveraine voulait dire que toutes les décisions que prendrait celle-ci devaient avoir force de loi. Si donc on demandait le départ du Président de la République, celui-ci devait s'exécuter. Je voyais dans cela une imposture. Car la souveraineté appartient au seul peuple. Il se trouvait que l'assemblée que nous formions n'était pas issue d'une volonté du peuple, donc nous ne pouvions pas prendre des décisions exécutoires comme celles d'une Assemblée Nationale. Telle était ma position juridique simple.

Ma vision était aussi prospective. Je voyais qu'une dissolution des Institutions, dans ces conditions, nous mènerait dans une aventure dont on pouvait facilement imaginer les conséquences désastreuses. Il y avait trop d'aspirants à la présidence de la République. Certains en avaient eu des révélations dans des séances de charlatanisme ou lors des séances du Bwiti, d'autres se fiaient à leurs diplômes comme si le diplôme était le premier critère du choix d'un chef, dans nos traditions ! Le tintamarre provoqué par tous les candidats éventuels me fit comprendre que nous risquions de tomber dans une guerre civile, à cette allure avec l'excitation que je remarquais. Pourquoi donc se presser ? Il fallait, à mes yeux, évoluer lentement. Ma position fut perçue par tous les dits opposants comme une adhésion au PDG, comme un soutien au pouvoir. Tant s'en faut. Je pensais plutôt à mon pays qui risquait de s'éclater. Ainsi, après des discussions houleuses, le refus de la souveraineté de la Conférence eut-il le dessus. On m'accusa alors d'être pédégiste, préjugé dont je me suis moqué royalement. L'essentiel, pour moi, était que mon pays ne sombre pas dans le désordre dont certains m'auraient accusé si cela était arrivé.

Mais nous ne  pouvions pas aller à une telle assemblée, sans un texte de base pour engager les débats. Il fallait avoir un cadre avec un texte quitte à ce qu'on y apporte des amendements, ce à quoi s'attelèrent les gens comme Jean-Rémy Pendy Bouyiki, Engongah Owono et d'autres. Le cadre adopté fut celui de l'UNION NATIONALE qui devait être le passage obligé. Ceux qui refuseraient d'y entrer pouvaient se tenir à l'écart et voir comment les choses allaient être engagées. Il nous fallait apprendre d'abord à réfléchir après 23 ans de monopartisme. La pensée unique nous tenait esclaves. C'est avec cet esprit que nous sommes entrés en Conférence Nationale.

 Nous faisons une pose ici pour continuer la suite demain.

 

                                         Fait à Libreville, le 7 mars 2016

                                            Paul MBA ABESSOLE

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