ET SI LE PDG ETAIT UN VOILE? PAR ANGONE ENDONG

                                        ET SI LE PDG ETAIT UN VOILE?

Les observateurs de la vie politique du Gabon ont pu relever qu'à sa création en 1968, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) apparaissait comme un parti de masse. Il comptait, dans ses rangs, de nombreux militants convaincus, des compatriotes qui avaient placé tous leurs espoirs en lui. Cette situation n'a duré que quelques années. Le temps qu'il fallait, pour certains d'entre eux, de constituer une véritable muraille autour du Grand Camarade. Plusieurs années après la création du PDG, ce dernier fut coupé de sa base par des militants véreux dont l'objectif principal était de s'enrichir aux dépens des autres. Autrement dit, ils étaient mus par des intérêts égoïstes. De nombreux camarades n'eurent plus accès au Président Fondateur. Les audiences furent filtrées. Les informations aussi. On assista à la formation d'un corps de griots dont la mission était d'endormir le Grand Camarade. Son entourage lui fit croire que tout allait bien dans le meilleur des mondes possibles. Tous les Gabonais étaient décemment logés. Ceux qui sont malades n'éprouvent aucune difficulté à se faire soigner. Quant aux enfants, ils apprennent dans les meilleures écoles de la planète. En somme, tout allait bien au Gabon. Ce pays était déjà classé parmi les pays émergents du monde. Toute chose qui a fait dire au Grand Camarade que:" Tout le monde vit bien au Gabon, sauf les malades".

Dans la même veine, au moment où le monde entier découvre, avec stupeur, les ravages du SIDA, un de ses proches, médecin de son état, déclara, sans gêne, que les Gabonais sont immunisés contre le VIH. Chacun de nous peut évaluer l'importance du désastre issu d'une déclaration aussi irresponsable. Même quand il arrivait au Grand Camarade d'avoir des idées lumineuses pour notre pays, il se trouvait toujours des camarades bien placés pour l'empêcher de les mettre en oeuvre. Cette attitude a dépité de nombreux compatriotes qui ont fini par ne plus faire confiance au"Parti des masses".

Pour conserver le pouvoir, le PDG eut recours à la corruption, à la terreur et aux coups d'état électoraux. C'est pourquoi l'on peut paradoxalement constater qu'avec près de 90% d'élus locaux et nationaux, ce parti n'a fait élire son candidat, à la dernière élection présidentielle, qu'avec un score dérisoire de 41%. Avec autant d'élus, comment le candidat du PDG n'a-t-il pas été élu avec un pourcentage plus honorable, à la hauteur de sa représentation dans les deux chambres du Parlement? Qu'a-t-il fait sur le terrain? Sa représntation au Parlement reflète-t-elle la réalité du terrain?

Avec de tels résultats, on ne peut pas dire que le PDG a le vent dans les voiles. Ces résultats devraient amener le nouveau Président de la République, Ali BONGO ONDIMBA, à déchirer le voile qu'on étend devant lui afin de voir plus loin et d'être à l'écoute de tous ses compatriotes qui sont disposés à l'aider. Il faut dire que le Président de la République risque de connaître le même sort que son prédécesseur s'il n'envisage pas de mettre sur pied, avec ses amis et d'autres compatriotes qui le souhaitent, une nouvelle machine qui soit capable de redonner confiance à la Nation. Il lui faut donc se débarrasser du voile pour un nouveau départ. Cela nécessite une dose de courage s'il ne veut pas, au soir de sa vie, se poser la question de savoir si Dieu nous a dit de faire du Gabon ce que nous avons fait. Le Gabon a besoin de patriotes, d'hommes courageux pour son décollage.

Au-delà de toutes les gesticulations, de tous les discours et des apparences, le PDG apparaît toujours comme un voile que certaines personnalités étendent devant le Chef de l'Etat pour l'empêcher de faire avancer le Gabon.

 

                                                   ANGONE ENDONG

 


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