L'AFRIQUE EST-ELLE VICTIME DE SES RESSOURCES NATURELLES? PAR LEONARD MBA ESSOGHO

L’Afrique serait-elle victime de ses ressources naturelles ?

 

La situation que certains pays africains francophones connaissent depuis les années 90 nous amène à nous poser cette question. En effet, depuis une vingtaine d’années, nous avons l’impression que la France, ancienne puissance colonisatrice, prend de plus en plus des initiatives dans ses anciennes colonies. Elle cherche ainsi à dicter sa loi aux dirigeants de ces pays, n’hésitant pas à se débarrasser d’un Chef de l’Etat ou à diaboliser un autre qui ose défendre les intérêts de son peuple ou tout simplement s’émanciper.  

Avec l’entrée en scène de la Chine, les autorités françaises deviennent de plus en plus hargneuses. Autrement dit, ces dernières ne voient pas d’un bon œil le renforcement des liens de coopération entre cette puissance économique qui exprime de plus en plus ses besoins en matières premières et ses anciennes colonies, grandes pourvoyeuses de celles-ci. Les autorités françaises redoutent le partage des ressources naturelles dont regorge le continent africain avec cette puissance émergente.

Les manœuvres de la France officielle visent à rappeler aux chefs d’Etat africains francophones que les matières stratégiques qui se trouvent dans le sous-sol de leurs pays sont prioritairement réservées à leur ancienne et nouvelle puissance colonisatrice et qu’ils ne peuvent impunément les livrer à d’autres puissances. L’ancien président congolais Pascal Lissouba en sait quelque chose pour vouloir en faire à sa tête. D’autres, pour avoir permis à la Chine « de se placer » ont été traînés dans la boue. Certains, pourtant « grands amis » de la France, sont aujourd’hui accusés de détenir « des biens mal acquis » qu’on vient, par hasard, de découvrir en France. Des procès seraient aujourd’hui engagés contre eux. Ils sont également accusés par leurs « anciens amis » d’avoir pillé leurs pays. Avec la complicité de qui ?

Présentement, c’est Gbagbo, à qui d’ailleurs on avait imposé la rébellion depuis le coup d’état de septembre 2002, deux ans seulement après son accession à la tête du pays, qui devient l’homme à abattre comme l’avait été Sékou Touré, au lendemain du « Non » massif des Guinéens au referendum de 1958.

Nous n’avons pas vu, au lendemain de ce coup de force, la fameuse « communauté internationale » se mobiliser comme elle le fait aujourd’hui contre Gbagbo.

L’intransigeance de la « communauté internationale » face à Gbagbo doit être interrogée pour mieux comprendre pourquoi le président Gbagbo est voué aux gémonies. Pourquoi en veut-on à Gbagbo aujourd’hui ?

Tout simplement, Laurent Gbagbo s’oppose à l’humiliation, à la spoliation et à la recolonisation de son continent en général et de la Côte d’Ivoire en particulier. Il se bat pour le respect des institutions de son pays. C’est cela aussi être démocrate. La première obligation d’un chef d’Etat n’est-il pas de défendre l’intégrité de son territoire ? Il a également l’obligation de défendre les intérêts des populations de son pays.

Il faut dire que celui qui, comme Gbagbo, respecte ces devoirs en Afrique francophone ne peut que faire face au genre de situation que connaît le vaillant peuple de Côte d’Ivoire. Certains ivoiriens, au service des puissances étrangères, n’hésitent pas à solliciter l’intervention des forces étrangères pour déloger un président régulièrement élu et investi par le Conseil Constitutionnel de son pays et massacrer de nombreux civils. Pourquoi veut-on fouler aux pieds les lois de la Côte d’Ivoire ? Que cache cette obsession de voir à tout prix Alassane Ouattara à la tête de ce pays ?

Il n’y a que des raisons stratégiques pour expliquer l’attitude de la fameuse « communauté internationale ». Il faut à la tête des pays francophones d’Afrique des hommes manipulables qui permettent la spoliation de leurs pays contre une poignée d’euros.

Face aux manœuvres incriminées, les africains doivent se ressaisir et s’opposer à une intervention militaire en Côte d’Ivoire. Cette guerre que l’Occident encourage leur permettra de vendre des stocks d’armes qui ne trouvent pas preneurs. Il faut ajouter qu’une intervention militaire générera d’importants troubles dans la sous-région. Toute chose qui permettra de livrer le pays aux bandits comme c’est le cas en RDC et en Somalie.

 

Léonard MBA-ESSOGHO

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