LA CONFERENCE NATIONALE DE 1990: LE DECOR (Paul MBA ABESSOLE)

LA CONFERENCE NATIONALE DE 1990 : LE DECOR ( Paul MBA ABESSOLE)

LA CONFERENCE NATIONALE DE 1990 : LE DECOR

 

Le 23 mars 1990 est la date du début de la Conférence Nationale. Le Morena des Bûcherons, avec beaucoup de joie, dans le cœur, était prêt à discuter enfin avec d'autres gabonais d'opinions différentes. Ce que l'on croyait impossible était enfin réalisé. Mais nous éprouvions quand même quelques inquiétudes au vu de la composition du bureau de la Conférence. En effet, aucune des personnalités qui le composaient n'avait des accointances avec nous. Citons deux seulement. La première personnalité était Mgr Basile Mvé Engone, le président du bureau, complètement acquis au Président Omar Bongo, à cause des liens de parenté qui l'unissaient à ce dernier. La deuxième personnalité était M. Simon Oyono Aba'a, mon permanent pourfendeur. C'est ce M. Oyono Aba'a qui avait parcouru les environs de Libreville pour dire, à mon sujet: "Quel est cet opposant qui est logé, nourri et blanchi par son adversaire ? Quel est cet opposant qui roule en Mercedes ?" J'étais, en effet logé et nourri à l'hôtel Mont de Cristal. Je tiens à informer mes lecteurs sur ces accusations tout à fait injustes. Car c'est précisément le Comité du Morena de Libreville qui avait exigé cela au Président Omar Bongo. On lui avait dit ceci: "Mba-Abessole est votre invité, vous devez assurer son hébergement, ses repas et sa sécurité. Je détiens le document du procès-verbal de la réunion où cela avait été décidé. Pour ce qui est de la Mercedes, elle appartenait à une amie bûcheronne, Germaine Fatou Founga de Tchibanga qui l'avait mise à ma disposition pour mes déplacements à Libreville. Je n'avais aucune raison de décliner ce geste amical. Mais M. Oyono Aba'a, comme bon nombre de compatriotes faisait tout pour mettre des doutes sur moi.

Je n'ai jamais réagi contre tous ses dires par respect du lien de parenté qui m'unissait à lui. Il était Effack et moi neveu Effack. Je me contenais de me référer à nos traditions fang selon lesquelles un oncle qui fait du mal à son neveu finit par payer à cause de ses agissements.

 

Toujours est-il que j'étais conscient de la lutte qui m'attendait. Si mes parents me traitaient ainsi, il en serait de même de ceux avec qui je n'avais aucun lien de parenté. Je dois avouer que parfois j'ai eu l'impression d'être le responsable de tous les maux dont souffrait notre pays. Mais j'ai assumé.

 

 Je fus informé que les gens du "Morena originel", parti d'Oyono Aba'a et du "Morena Calebasse Cassée", parti de Jean-Pierre Nzoghe-Nguema se préparaient, le moment venu, à huer sur moi. Ils étaient, de ce fait, les alliés objectifs du PDG contre moi. Incroyable ! Je priais l'Esprit-Saint de m'inspirer toujours les mots qu'il fallait à chaque circonstance. Je ne m’inquiétais donc pas outre mesure. Je comptais aussi sur l'objectivité des statuts proposés du RSDG, conçu comme un passage obligé pour tous ceux qui voulaient s'impliquer dans le processus démocratique que nous voulions engager.

La journée du 23 mars 1990 commença par le discours d'ouverture du Président dont je donnerai les grandes lignes la prochaine fois. (A suivre)

                                                Fait à Libreville, 08 mars 2016                                      

 

                                                         Paul MBA ABESSOLE

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Les commentaires sont clôturés

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×