OUVERTURE DE LA CONFERENCE NATIONALE: 23 MARS 1990 (Paul MBA ABESSOLE)

OUVERTURE DE LA CONFERENCE NATIONALE: 23 MARS 1990 (Paul MBA ABESSOLE)

 

OUVERTURE DE LA CONFERENCE NATIONALE : 23 MARS 1990

Le 23 mars 1990 fut la grande journée de l'ouverture de la Conférence par le Président de la République. La grande salle de la cité du 12 mars était noire de monde: militants des partis politiques, associations et toutes les catégories de la société gabonaise. On sentait qu'on allait vivre un événement historique. Chacun se disait au fond de lui-même qu'il allait enregistrer quelque chose de fascinant à raconter à ses petits-enfants. Il y avait à peu près  soixante dix partis politiques et associations. Je ne puis tous les citer de mémoire, mais je mentionne ceux qui me semblaient les plus marquants par ordre alphabétiques:

- APSG de Mapangou;

- FAR de Mbou Yembi;

- MESP de Moang' Mbading;

- MORENA Calebasse cassée de Jean-Pierre Nzoghe-Nguema;

- MORENA des Bûcherons de Paul Mba-Abessole;

- MORENA originel d'Oyono-Aba'a; 

- PARI d'Anaclé  Bissielo;

- PDG d'Omar Bongo;

- PGP de Pierre-Louis Agondjo Okawe;

- PSG de Bagnena;

- USG de Serge Mba-Bekale, etc.

La liberté d'expression allait reprendre son droit de cité. C'était à celui qui sortirait les mots les plus durs pour le système en place. Naturellement Omar Bongo était la cible de tout le monde. 

En tout cas, lorsque tout fut mis en place, le Président entra dans la salle.

J'observai l'attitude de quelques pédégistes. Ils sont tout d'un coup devenus amnésiques. Ceux qu'Omar avait fabriqués de toute pièce ne se souvenaient plus de ce que le Secrétaire Général du PDG avait fait pour eux. Bref, le Président commença son discours par ces phrases:

"Mes chers compatriotes, 

Je voudrais, au moment où s'ouvre cette Conférence Nationale consacrée à la préparation d'une nouvelle ère de la vie politique de notre pays,saluer et remercier chacun d'entre vous pour avoir répondu à mon appel".

 Puis, il invite tout le monde à n'être animé que par une seule préoccupation,celle de "rechercher les solutions les mieux adaptées à nos problèmes..."

 Quels étaient nos problèmes ? C'étaient:

 "les divisions alimentées par des oppositions tenaces, des rancœurs non éteintes, des blessures non cicatrisées et par dessus tout une volonté de domination ou une soif de revanche non dissimulée...Pour être à la hauteur des espérances de notre peuple, il nous faudra, au cours de cette Conférence nationale,faire preuve d'honnêteté, de franchise, d'humilité et d'objectivité mais aussi d'audace et d'imagination pour proposer...un projet politique réaliste et cohérent qui sache concilier tout à la fois l'aspiration légitime de notre peuple à plus de démocratie impératif d'unité qui doit toujours nous habiter..;

 Le multipartisme va être adopté, mais il faut une phase préparatoire où il  se ferait un devoir de veiller à assurer une égalité de traitement à tous les courants qui s'exprimeront au sein du Rassemblement.

Il conclut son discours par un appel: "Tenons-nous prêts à assumer nos responsabilités, à répondre à cette espérance et à mériter la confiance du peuple gabonais dont l'option pour une politique d'ouverture, de changement, de justice sociale et de réconciliation s'affirme chaque jour davantage."

 Ainsi déclara-t-il "ouverts les travaux de la Conférence Nationale."

Ce discours reste d'actualité. A sa lumière, on peut se demander si on a vraiment évolué depuis la Conférence Nationale.

Après l'ouverture, on se mit en commissions. Je suivais personnellement les travaux de la Commission des statuts qui devait lancer le processus du changement que les Bûcherons attendaient. On verra par la suite comment le tournant que nous voulions prendre a été raté.

 

                                        Fait à Libreville, le 09 mars 2016

 

                                            Paul MBA ABESSOLE

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