L'EMERGENCE VUE PAR PAUL MBA ABESSOLE

 

Paul MBA ABESSOLE, au centre  

Dans le cadre de la Journée des Etudiants et des nouveaux bacheliers, le Club N°1 de la Nouvelle Génération a invité le Président du Rassemblement Pour le Gabon, Paul MBA ABESSOLE, à animer une conférence-débat sur le thème : « L’émergence d’un pays : le cas du Gabon » le samedi 24 juillet 2010,  au  Collège Capitaine Ntchoréré sis à l’ancien SOBRAGA à Libreville.

Cette Conférence était précédée et suivie de la prestation de nombreux artistes gabonais, à l’instar du jeune Tanguy EBOMBO.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, Paul MBA ABESSOLE  a adressé ses félicitations aux nouveaux bacheliers tout en leur rappelant qu’ils ont encore des années d’efforts intellectuels à faire.

Le président du RPG a introduit sa conférence par un bref rappel historique sur le concept de la Majorité Républicaine nécessaire à la compréhension de notre situation présente pour mieux envisager l’avenir. A ce sujet, le conférencier a dit que cette idée ne date pas d’aujourd’hui. Elle est dans son esprit depuis le 14 mai 1989, c’est-à-dire depuis le dialogue politique engagé avec Omar BONGO ONDIMBA qui a abouti à la Conférence nationale. Cette majorité n’est pas une majorité politique. De son point de vue, elle exige la participation de toutes les intelligences. Contrairement à la Majorité Présidentielle qui tournait autour d’un individu, la Majorité Républicaine se constitue autour des valeurs telles que la liberté d’expression, les droits de l’homme et de l’animal, le droit à l’éducation, à la santé, le respect de l’autorité, le travail manuel, le respect des aînés, etc. Paul MBA ABESSOLE reconnaît que cette idée n’est pas facile à mettre en œuvre.

S’agissant de l’émergence, le Président du RPG a fait remarquer qu’au Gabon lorsqu’une idée est émise, on en fait souvent un slogan à servir à toutes les sauces ou à meubler des discours creux. Paul MBA ABESSOLE estime qu’il faut considérer l’émergence comme une réalité à définir à partir des pays émergents. C’est dans cette veine qu’il a dressé une liste de quelques pays émergents (Chine, Inde, Ile Maurice, Tunisie, Afrique du Sud, etc) à prendre comme référence. Tout comme il a rappelé les principaux domaines sur lesquels un pays qui veut se développer doit mettre un accent particulier, à savoir :

-         la formation ;

-         l’organisation ;

-         les technologies nouvelles ;

-         l’ouverture au monde ;

-         l’innovation.

En ce qui concerne la formation, Paul MBA ABESSOLE est persuadé que l’homme est la base de tout développement et qu’il doit être le centre et la fin de tout ce qui se fait. C’est pourquoi on doit privilégier sa formation. D’où la nécessité de l’égalité d’accès au savoir et l’application de la gratuité de l’enseignement, condition sine qua non pour faire émerger un pays. Compte tenu de la précarité qui caractérise les conditions de vie de la majorité des Gabonais, le Président du RPG et ses amis qui luttent sans succès pour la gratuité de l’enseignement depuis 1990 estiment que l’Etat doit prendre en charge tous les frais relatifs à la scolarisation des jeunes. L’Etat a besoin des citoyens bien formés et en bonne santé pour le développement du pays. Il a donc l’obligation de prendre en charge la formation et la santé des populations, secteurs qui, de l’avis du conférencier, doivent relever du consensus national. Pour ce faire, le conférencier pense qu’il faut tourner le dos au pilotage à vue. MBA ABESSOLE a déploré que notre système éducatif n’ait pas encore défini le type de citoyen qu’il nous faut et qu’il nous n’ait pas encore été véritablement engagé dans une véritable réforme. Les réformes se sont limitées aux seuls discours. Toutes choses qui justifient du moins en partie son faible rendement. Le conférencier a émis le vœu de voir notre pays passer des souhaits aux actions concrètes. Il pense que le Pré primaire et le Primaire constituent la base de notre système éducatif.

Quant au Secondaire qui comprend 2 cycles, MBA ABESSOLE suggère que le 1er cycle prépare aux métiers techniques selon les besoins du pays alors que le 2nd cycle doit préparer au Supérieur en tenant également compte de nos besoins.

En ce qui concerne le Supérieur, il doit être ouvert au monde. Le conférencier a exprimé son souhait de voir nos langues intégrées dans notre système éducatif et de voir ce dernier faire la promotion  de nos savoirs traditionnels. Il faut aussi éviter, a-t-il ajouté, de loger l’intelligence de nos enfants dans leurs sexes.

S’agissant de l’organisation, Paul MBA ABESSOLE suggère que l’espace national soit mieux organisé afin que les jeunes ne désertent pas les campagnes pour envahir les zones urbaines. Cette organisation passe par une bonne tenue des statistiques. Dans la même veine, il propose la division du Gabon en cinq régions dont les limites seront consensuellement définies.

Une meilleure organisation de l’administration s’impose pour un meilleur suivi de la carrière des fonctionnaires. La fonction d’inspecteur doit être revalorisée.

Parlant des technologies nouvelles, Paul MBA ABESSOLE est convaincu que les pays qui les maîtrisent sont ceux qui peuvent facilement émerger. Il convient donc d’y mettre des moyens pour que tout le monde en profite, a-t-il conclu.

Abordant la question de l’ouverture au monde, le conférencier a fait remarquer qu’aucun pays ne peut vivre en autarcie. Il est donc nécessaire d’envoyer les étudiants dans les pays où ils peuvent recevoir les enseignements dont nous avons besoin. Il faut également créer les conditions qui permettent aux firmes étrangères d’investir chez nous.

En ce qui concerne l’innovation, elle est considérée comme un levier essentiel de la croissance. Il a recommandé la prise en compte du principe proïétique dans tout ce que nous concevons.

Dans le jeu des questions-réponses, à une question d’un étudiant de la Faculté de Droit et Sciences Economiques relative à la définition de l’émergence, Paul MBA ABESSOLE a répondu que les pays émergents ne sont pas encore totalement industrialisés et que l’émergence est une étape intermédiaire entre le sous-développement et l’industrialisation. La construction des routes, la formation font partie de l’émergence. Notre ambition, a-t-il insisté, c’est l’industrialisation.

Quant à celle d’un autre étudiant de l’Institut National des Sciences de Gestion concernant la détermination d’un secteur fondamental pouvant favoriser l’émergence, le conférencier estime que tous les secteurs qui touchent directement l’homme et son intelligence sont fondamentaux, car si l’homme n’est pas debout, rien ne peut se faire.

La Conférence s’est achevée par la remise des cadeaux aux admis par le Président du RPG.

Léonard MBA ESSOGHO

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