LE COLLEGIALISME: LE SYSTEME POLITIQUE ADAPTE POUR LE DEVELOPPEMENT DU GABON PAR LE PERE PAUL MBA ABESSOLE

LE COLLEGIALISME: LE SYSTEME POLITIQUE ADAPTE POUR LE DEVELOPPEMENT DU GABON

 Par le Père Paul MBA ABESSOLE, Président du Rassemblement Pour le Gabon (RPG).

Le texte qui suit est le discours que le Président du RPG a prononcé à Oyem, capitale provinciale du Woleu-Ntem, lors de sa récente tournée politique. Il constitue en quelque sorte la synthèse des 78 causeries tenues au cours de cette tournée.

 

 

"Mesdames et Messieurs,

Mes chers amis,

Beaucoup d'hommes et de femmes politiques sont passés à Oyem, après les dernières élections présidentielles, pour vous entretenir sur l'idée qu'ils se font du Gabon. C'est tout à fait dans l'ordre des choses. Parmi eux, le Président de la République qui a effectué une tournée républicaine à laquelle, j'en suis heureux, tout le monde a été associé. Nous devons maintenant nous mettre à l'esprit qu'une fois le Président de la République proclamé élu et investi, il n'y a plus de contestation, en dehors de l'opposition démocratique. Il est devenu le président de tous les Gabonais. Président de ceux qui l'ont voté et de ceux qui ne l'ont pas voté. J'insiste là-dessus, car je lis ici ou là des déclarations qui tendent à considérer le Président de la République comme leur propriété. On dit:"Nous avons mouillé le maillot, c'est notre parent, il nous appartient. On revendique toutes les places dites juteuses". Quels sont ces propos d'un autre âge? On n'a jamais dit qu'un Président n'avait plus de parents, d'amis, qu'il n'avait plus de province. Mais qu'on sache qu'un groupe qui s'accapare d'un de ses membres devenu chef, l'empêche de grandir et de devenir un homme. Il peut même, par ce fait, le rabougrir. Nous ne voulons pas d'un Président de la République propriété des maillots mouillés, mais de tous les Gabonais. Ne compromettons pas son travail de chef de l'Etat. Les regards du monde entier sont tournés vers lui. Nous savons que nous devons lui rendre les honneurs dus à son rang, personne ne peut l'apprendre aux Rassembleurs. Aux uns, je dis cela.

Je m'adresse aux autres pour leur rappeler que nous ne sommes plus en campagne électorale. Ne perdons plus notre temps avec des combats d'arrière-garde. Ceux qui rêvent que les présidents Barack Obama et Nicolas Sarkozy viendront les installer à un siège imaginaire, doivent savoir qu'ils attendront jusqu'à la fin du monde. Nous, nous avons donné une orientation à nos militants: Monsieur Ali Bongo Ondimba est l'actuel Président de la République gabonaise.

Mais nous ne cachons pas le fait que nous ne l'avons pas voté aux dernières élections, il le sait, tout le monde le sait. Nous n'avons pas à demander pardon, ni à présenter des excuses pour cela, à qui que ce soit, comme l'ont fait certains qui n'ont rien compris au jeu démocratique. Nous avons soutenu quelqu'un d'autre, pour des raisons précises que ce dernier devrait connaître lui-même et aussi pour mettre plus de clarté dans un paysage politique où chacun croyait naïvement son heure arrivée pour accéder à la tête du pays. Notre stratégie a été tellement efficace que ceux qui nous ont posé des pièges y sont tombés eux-mêmes. A malin, malin et demi! Les vociférations que nous entendons, ici ou là, sont, en réalité, des pleurs des gens qui se trouvent dans une impasse et qui se demandent comment s'en sortir. Eh! oui. Voilà ce qui arrive à ceux qui, parce que incapables de creuser leur propre sillon, plagient les idées des autres sans en maîtriser l'arrière-fond. On a voulu faire, dit-on, comme un "certain Mba Abessole",en 1994, sans en connaître ni l'esprit, ni le calcul politique. Si on veut faire comme Mba Abessole, qu'on se mette derrière lui, pour saisir, en temps réel, le sens de ce qu'il initie. On ne s'est pas souvenu qu'une fois le Président Omar Bongo investi, nous avions transformé le Haut Conseil de la République en Haut Conseil de la Résistance. Toute l'astuce était là. Ce n'était pas un jeu de gamins à la recherche des postes! Je demande aux rassembleurs qui se sont laissé égarer par des chants de sirènes de regagner rapidement le bercail. Il faut se remettre au travail, notre pays a besoin de toutes ses intelligences.

Allez, debout! Les portes sont ouvertes!

Que fallait-il faire une fois Monsieur Ali Bongo Ondimba élu et reconnu comme tel? De trois choses l'une:

Ou bien, il fallait préparer un coup d'Etat avec tout ce que cela pouvait entraîner pour le pays et pour nos familles. Nous avons exclu cette voie de sang et de pleurs, comme nous l'avons fait en d'autres occasions. Ceux qui ont un jugement sain, au regard de ce qui se passe en Côte d'Ivoire, à l'heure actuelle, doivent avoir une juste appréciation de ce que nous avons fait en 1993.

Ou bien, il fallait entrer dans une opposition systématique. Personne, à ce niveau, ne peut nous faire des leçons. Nous avons expérimenté cela, entre 1982 et 1989. Pendant ce temps d'épreuve, nous avons appris à nous connaître nous-mêmes et à connaître nos compatriotes. Certains partisans de la facilité, qui étaient avec nous, nous ont abandonnés parce qu'ils ne pouvaient plus supporter le poids du combat. Nous avons respecté leur choix. Notre expérience nous a montré que l'opposition systématique était improductive dans notre mentalité culturelle. On peut même se demander sous quels cieux elle a porté des fruits. En tout cas, elle a servi de prétexte à certains de nos adversaires de l'époque pour ne pas nous écouter, même quand nous disions des choses importantes  pour notre pays. Elle a été un fonds de commerce pour d'autres. Beaucoup ont profité de notre opposition systématique pour soutirer d'énormes sommes d'argent au Président Omar Bongo, soi-disant pour mieux nous combattre. Des immeubles ont été construits grâce à ce commerce. Si bien que nous pensons que se faire opposant systématique, c'est se folkloriser soi-même.

Dans notre position de dialogue, nous n'avons jamais eu peur de dire quoi que ce soit au Président défunt; nous n'aurons pas peur non plus d'exprimer au Président Ali Bongo Ondimba ce que nous pensons. Notre philosophie est de motiver tous les Gabonais. Nous voulons discuter avec tous ceux qui le souhaitent et qui acceptent de confronter leur point de vue au nôtre. Mais nous disons "s'abstenir" à ceux qui défendent une opinion parce qu'ils ont été payés pour cela. Comme tels, ils sont devenus, à nos yeux, des marchandises à vendre aux enchères qui vont nécessairement aux plus offrants. En vérité, l'opposition systématique, dans un monde globalisé, est franchement archaïque. Nous ne pouvons plus adopter une telle position.

Ou bien, il fallait discuter, c'est-à-dire accepter d'avance que son point de vue soit mis en cause et que l'on soit obligé de l'amender au contact des autres. Celui qui ne sait pas se mettre en question ne peut pas changer. Nous avons choisi la voie de la discussion qui est celle des hommes et des femmes adultes et libres.

C'est pourquoi, pour donner une consistance à nos débats, nous avons ressorti une idée qui nous est chère et que nous avions préconisée en 1989. En effet, à notre première rencontre avec le Président Omar Bongo, le 14 mai 1989, nous lui avions proposé la formation d'une Majorité Républicaine. Mais par peur de s'entendre accusé d'introduire le marxisme dans son régime, il avait préféré attendre un contexte plus neutre. Comme on peut le constater, le concept de la Majorité Républicaine est vieux de  plus de vingt ans. La Majorité Présidentielle n'en a été qu'un succédané, c'est-à-dire, dans notre esprit, un produit de remplacement à usage transitoire.

Le concept de la Majorité Républicaine nous était venu après un constat: le Parti Unique était un obstacle à la mobilisation de toutes  les compétences pour le développement du pays. Beaucoup de cadres compétents étaient marginalisés parce qu'ils n'avaient pas adhéré au PDG pour une raison ou pour une autre. Ne pas être un membre du Parti les excluait généralement des responsabilités publiques. Les plus qualifiés étaient souvent sous l'autorité de ceux qui l'étaient moins. Mais on peut encore se poser la quest de la vie ion de savoir si on est sorti de cette anomalie. Les frustrations sont encore multiples à tous les niveaux de la vie de notre nation.

Pour nous, on peut s'en sortir en mettant en place un autre système, plus proche de notre gestion traditionnelle des ressources humaines. Le concept de Majorité Républicaine, nous l'avons repris, d'entente avec le Chef de l'Etat actuel. Nous y avons réfléchi pour le bien de notre pays qui, pensons-nous, a besoin de tous ses cerveaux et de tous ses bras pour progresser. La Majorité Républicaine témoigne de notre volonté de voir tous les Gabonais participer au développement de leur pays, au-delà des clivages politiques, ethniques ou religieux. Il s'agit d'arriver progressivement au système de Concertation sociale permanente (Ekama). Nous avons produit un document sur ce sujet. Il circule parmi vous.

Le RPG n'est pas un parti accompagnateur, mais un parti allié des partis de la Majorité Républicaine pour l'Emergence. Cette alliance a été scellée par une Charte et son Règlement Intérieur. Nous avons pris des engagements, en toute connaissance de cause.Personne n'ignore, au Gabon, que nous savons respecter nos engagements, depuis la Conférence Nationale. Notre position est incontestablement la meilleure pour notre pays actuellement. Nous défions tout Gabonais de nous présenter une solution meilleure que la nôtre. Mais il faut un peu de temps pour qu'elle porte des fruits.

Ne soyons pas trop pressés. En tout cas, moi je ne le suis pas. Pourquoi les jeunes sont-ils toujours si pressés? Moi, j'ai le temps! Je le lis, je m'instruis, j'écris et je rêve les succès futurs du Gabon.

Nous avons, en toute sérénité, exprimé notre position par rapport à la situation de notre pays qui dotoutes tit évoluer. Il a besoin que toutes ses intelligences y apportent leur contribution. Il faut en étudier les modalités, à la lumière de nos traditions.

Nos traditions renferment un concept, le consensus, base d'un système à mettre en place, le COLLEGIALISME.Il doit être étudié avec soin. Contrairement à ce que pensent certains esprits superficiels, le consensus n'aboutit pas à l'unanimisme qui est le système de ceux qui ont peur de discuter et se condamnent à dire tous la même chose. Personne ne peut dire que, dans l'Afrique traditionnelle, on avait peur de discuter. Il ne peut pas non plus aboutir à un système démocratique à l'occidentale qui ne prend en compte que les voix des nationaux dans des débats nationaux. Le système occidental est un autochtonisme, système qui rejette tout ce qui n'est pas autochtone dans la prise des décisions nationales. Le système démocratique actuel reste dans la prison des mots en "ité", comme "francité, ivoirité, gabonité", etc. Avec lui, on ne peut pas résoudre le problème généralisé de l'immigration dans le monde actuel. Nous pensons que le système démocratique régnant dans le monde actuellement est dépassé pour résoudre les problèmes dans un monde en globalisation. La globalisation n'est pas seulement économique, elle est aussi humaine!

Par contre, le collégialisme, basé sur le consensus, assume à la fois, par inclusion, tous les points de vue nationaux et extranationaux, le cas échéant. Ici, un étranger peut parfaitement participer à un débat national pour l'enrichir et pour influencer utilement la décision consensuelle d'une communauté autre que la sienne. 

Bien des amis européens nous reprochent parfois de discuter trop longtemps. Ils parlent de la "palabre africaine" avec un sourire au coin des lèvres, pour dire poliment qu'on perd beaucoup de temps. De quel temps s'agit-il? Nous avons choisi cette voie, justement pour ne pas perdre du temps. Pourquoi tuer tant de gens, durant des mois, des années parfois, pour se retrouver autour d'une table pour des négociations? S'entretuer pendant des mois, des années avant de discuter, n'est-ce pas perdre du temps, beaucoup de temps?

Cependant, nous ne sommes pas des pacifistes qui veulent la paix à tous prix. Nous refusons la paix des cimetières qui est la paix des morts. Nous voulons construire une paix, nourrie de tous les points de vue.

Le RPG exprime toujours librement ses avis. Ses idées, sa logique que tout le monde connaît et plagie souvent, sont restées les mêmes, depuis 1990. Sa ferme volonté est de faire bouger les Gabonais et d'être présent partout où se joue l'avenir de notre pays. Nous nous sommes toujours battus pour imprégner le pays de nos idées, pendant que d'autres jouaient au Loto ou au Tiercé! Nous regrettons de vivre actuellement sous un régime des partis politiques. Ces derniers travaillent plutôt, à notre constat, dans le sens de la destruction de notre pays. Ce système, je le repète avec force, est contraire à nos traditions. Nous disons haut et fort qu'un parti politique n'a pas pour objectif de confisquer l'Etat, c'est-à-dire d'en occuper toutes les structures. Nous devons faire de notre pays une République.

 

Le rôle des Partis politiques

Quel est, dans notre esprit, le rôle d'un parti politique? Il faut que tout le monde soit d'accord pour dire qu'un parti politique est une association qui rassemble des citoyens unis par un ensemble d'idées communes dont elle recherche la réalisation, avec comme objectif, naturellement, la conquête et l'exercice du pouvoir. Le RPG s'inscrit dans cette définition. Il veut pleinement participer à l'animation de la vie politique dans notre pays. Depuis sa création, il explique un projet de société qu'il adapte au fur et à mesure des contextes. Tout le monde en connaît d'ailleurs les idées-clés. Même les enfants des écoles savent les décliner comme une récitation:"Ecole cadeau, Hôpital cadeau, un Travail et un Toit pour tous!" Cela montre qu'il correspond tout à fait aux aspirations actuelles de nos compatriotes.

Le RPG est présent à l'Assemblée, au Sénat, dans les Conseils municipaux. Il est présent dans toutes les provinces. Il est comme un fond baptismal pour bon nombre d'hommes et de femmes politiques gabonais. Beaucoup y ont fait un passage bref ou prolongé. Si on pouvait les comptabiliser, on se trouverait devant un chiffre impressionnant. Ses militants actuels doivent faire en sorte que son point de vue compte toujours. Ils doivent être conscients que leur rôle est celui de concevoir, d'expliquer, de promouvoir pour gérer ensuite.

Après l'analyse des réalités, il conçoit des stratégies pour le changement. Il sensibilise sur les problèmes qui se posent à tous et à chacun. Il rassemble les hommes et les femmes sans discrimination. Il explique le bien-fondé de ses prises de position et les fait connaître. Il veut promouvoir les hommes et les femmes, égaux devant la loi. Pour lui, il n' y a pas une loi pour les petits et une autre pour les grands. Il veut, en son temps prendre le pouvoir et l'exercer le plus rationnellement possible. Il a étudié et connaît les citoyens à qui, à l'occasion de toutes les élections, il propose son programme. D'après notre analyse de la société gabonaise, il y a six types de citoyens:

- Les sages ( Beyem-mam).

- Les sceptiques ( Bebo-bisô).

- Les naïfs normaux ( Beyebeyebe).

- Les naïfs débiles mentaux (Mekur).

- Les ignorants qui ne retiennent rien (Beviane-mam).

- Les ignorants qui ne sont pas informés ou sous-informés ( Bedzime-mam).

     Les sages (Beyem-mam) sont ceux qui connaissent des choses, savent les apprécier à leur vraie valeur, recherchent la vérité en tout. Ils savent déceler le bien et le mal là où ils sont. Ils ont une habileté mêlée de prudence. Ils sont de bonne conduite et respectent les autres. Ils sont modérés et savent maîtriser leurs passions.

     Les sages sont cohérents. Leur point de vue est dicté par la vérité et non par les mensonges ou par des combines. On peut les reconnaître par leur fidélité aux principes moraux.

     Les sceptiques ( Bebo-bisô) sont ceux qui doutent de tout. Ils balancent les raisons de part et d'autre sans pouvoir décider pour aucun côté. Ce sont des éternels observateurs de ce qui se passe. Ils attendent de choisir le côté le plus avantageux ou le plus fort, à un moment donné. Ils n'ont donc aucune conviction. On peut les acheter avec quelques dizaines de millions, avec des postes éphémères. Ils ne sont pas gênés d'être traités comme des marchandises. On les reconnaît au fait que, depuis 1990, ils ont changé de partis politiques: une, deux, trois et même quatre fois. Ils posent toujours les mêmes questions, depuis vingt ans, mais n'ont pas retenu les réponses qu'on leur en a faites. Ils ne savent jamais où on en est. Toujours l'éternelle question: "Quelle est actuellement la position du RPG?" Ils affectent d'oublier que notre position est traduite par notre projet de société qui est toujours le même. On peut leur expliquer quelque chose, une, deux, mille fois, ils ne comprendront jamais. Ils en seront toujours à dire: "Etes-vous sûr que...". En réalité, ce sont des prostitués à la recherche des clients généreux.

     Les naïfs, nous les classons en deux catégories: les Beyebeyebe et les Mekur.

     Les Beyebeyebe sont des gens normalement constitués qui croient facilement à ce qu'on leur dit, mais qui sont capables de se rendre compte qu'on les a abusés. Ils sont crédules par inexpérience, par manque d'esprit critique aussi, dans des domaines qui leur sont étrangers. Ils font donc facilement confiance à ceux qui disent connaître bien ce dont ils parlent.

     Par contre, les "Mekur" sont ceux qui ne sont pas en pleine possession de leurs facultés mentales. De ce fait, ils gobent tout ce qu'on leur raconte. Ils sont incapables de faire des rapprochements ou des recoupements pour se rendre compte de l'absurdité de ce qu'on leur dit.N

     Les catégories "sceptiques", "naïfs", "ignorants" sont particulièrement les proies des menteurs professionnels. Le principe de ces derniers est celui d'Hitler qui est de "Dire les plus gros mensonges pour que les gens vous croient plus facilement". Il y a un homme politique gabonais professionnel des mensonges. Son principe est:"Plus c'est gros, plus ça passe!" Cela veut dire que les plus gros mensonges sont ceux que les gens acceptent plus aveuglément. C'est un bon disciple d'Hitler. Tous les naïfs villageois et prétendus intellectuels sont pris dans des mensonges, à travers le Woleu-Ntem et à travers d'autres provinces. Mais qu'ils sachent que celui qui ment doit savoir qu'à chacun de ses mensonges, il creuse une tombe autour de lui, car les mensonges ont vocation à être enterrés. Plusieurs mensonges sont donc plusieurs tombes creusées. Et le menteur tombe tôt ou tard dans l'une des tombes qu'il a creusées.

     Les ignorants (Beviane-mam) sont, au sens strict, ceux qui ignorent ce qu'ils devraient connaître. Ils sont tels parce que paresseux; il leur est trop difficile de faire des efforts pour s'informer exactement sur ce qu'ils entendent dire. Ils se souviennent mal de ce qu'ils ont appris ou l'ont totalement oublié. Ils attendent qu'on leur serve la vérité sur un plat! Cette catégorie est très dangereuse parce qu'elle est souvent arrogante. Les ignorants jouent souvent aux savants alors qu'ils n'ont que des connaissances approximatives. On les remarque à leurs discours embrouillés, sans logique. Ils savent tout. Ils disent souvent: " Je sais!..." On n'a rien à leur apprendre!

La dernière catégorie des ignorants est celle des non informés ou des mal informés (Bedzime-mam). Ils sont ignorants parce qu'ils n'ont pas appris, parce que personne ne les a enseignés ou informés. Ce n'est donc pas de leur faute s'ils ne savent pas.

Dans cette catégorie, nous rangeons tous les jeunes. Ils ne savent pas ce qui s'est passé, dans notre pays, depuis 1990. Ils entendent dire des choses souvent fausses. Rien de suivi n'a été écrit pour dire ce qui s'est passé. Ils ne savent pas qui a fait quoi. Ils voient tout de manière linéaire. Ils ne peuvent que répéter ce que leur disent, à leur avantage, ceux qui, précisément, ont empêché notre pays d'avancer. Nous avons le devoir de les informer. Les assassins de la démocratie hier se présentent aujourd'hui comme ses défenseurs. Mais la vérité est têtue. L'un d'entre eux a même avoué publiquement qu'il était de ceux qui ont empêché Paul Mba Abessole d'accéder au pouvoir en 1993. Ceux qui réfléchissent doivent savoir en tirer les conclusions. Le mal commis secret finira par être révélé par ceux-là même qui l'ont commis sans que personne ne le leur demande! Qui vivront, entendront.

Le RPG s'efforce de s'adresser à ces six catégories de citoyens qui n'ont pas, nous le savons bien, le minimum d'informations nécessaires pour bien apprécier la situation dans laquelle se trouve notre pays. Ils sont victimes tant des enclavements physiques qu'intellectuels. Le fait que la province de l'Estuaire, province qui abrite la Capitale ne soit pas totalement couverte par nos médias en donne une idée. Pour combler ce manque, les populations se livrent aux "kongossas" dont nous connaissons les effets dévastateurs dans les esprits. Il semble que nous ayons perdu notre sens commun traditionnel.

Le retour à nos traditions

Nous préconisons le retour à nos traditions pour ne pas être réduits à néant culturellement. Nous voulons éviter d'être des gens qui parlent et agissent en dehors de leur histoire et de leur culture. Retrouver nos traditions ne veut pas dire les reprendre sans discernement, mais nous voulons, à partir d'elles, susciter une vraie dynamique de progrès pour notre pays. Nos traditions ont des savoirs inestimables. Réapproprions-nous le principe du "CONSENSUS" et étudions-en tous les aspects. Ce faisant, nous verrons très vite que le système démocratique que nous essayons de mettre en place est, en fait, un retour en arrière pour nous. Si ce système avait été pour l'instauration de la paix dans la société humaine, sûrement, nos ancêtres l'auraient privilégié. Quittons les "bavardages politiques" et le mimétisme pour faire émerger un autre Gabon, un Gabon pour tous. Cela est d'autant plus nécessaire qu'une valeur importée devient notre plus grand obstacle pour instaurer un système politique qui nous permette de nous développer, je veux parler de l'Argent.

L'Argent et la Démocratie

L'Argent est "un bon serviteur, mais un mauvais maître". Le RPG a tenu un congrès sur ce sujet. Et nous sommes arrivés à la conclusion que l'argent, devenu le maître des Gabonais, ne peut que tuer notre démocratie. Avec l'argent, nous avons tout faussé dans nos relations politiques, sociales, économiques et culturelles. L'argent est devenu, semble-t-il, la valeur première chez certains d'entre nous, dans tous les milieux, sans exception. Si bien qu'à l'occasion des élections, aucune intelligence n'est à l'écoute d'un programme, d'un objectif commun. Aujourd'hui, il faut avoir de l'argent pour gagner les élections. Il n'y a pas un domaine dans notre pays où on se réfère d'abord à la valeur humaine, aux compétences des individus. On ne regarde que l'argent. Avec l'argent, on veut tout faire, tout avoir. On triche pendant les élections grâce à l'argent, souvent pris dans les caisses de l'Etat. Si nous continuons ainsi, notre pays n'aura plus que des fraudeurs et des voleurs aux postes de responsabilité. Dès lors, ce sera la décadence complète du pays. Si le principe d'accès aux postes de responsabilités est l'argent, cela veut dire que nous aurons toujours les mêmes à l'Assemblée Nationale, au Sénat, à tous les postes électifs. Dans ce cas, il sera inutile de parler d'élections.

oui, l'argent a commencé à faire ses ravages sensibles dès 1958 où nous étions à deux ans de l'indépendance. Un proverbe de chez nous dit:" Ce qui a commencé tordu, finit toujours tordu".

Signalons, à cet égard, que la majorité massive de Jean-Hilaire AUBAME, à cette époque, a commencé à s'effriter, après l'achat d'un de ses partisans influent dans une province. C'était dans un café Bar appelé "African Bar", qui se situait à derrière l'hôpital. On avait remis 200 000 francs CFA à ce notable. Et la majorité bascula en faveur de Léon Mba. Puis on a continué la même manoeuvre avec d'autres. Le virus s'incrusta alors dans le système. Et depuis ce temps, la majorité de Jean-Hilaire Aubame n'a cessé de diminuer. Et le le pays s'enfonça dans l'achat des consciences et la fraude électorale.

Puis, nous sommes arrivés en 1990. Aux élections législatives, M. Hilaire Ntoughe, élu député RNB, à Ebel Abanga, fut acheté et intégré, sans autre forme de procès, au nombre des députés du PDG. Beaucoup sont ainsi partis du RPG. L'hémorragie continue. En 1990, nous étions face à des adversaires qui avaient au moins 40 millions pour leur campagne, alors que nous n'avions que notre bonne parole. Puis, entrés dans la majorité présidentielle, nous avons commencé à connaître la réalité. Nous avons fini par découvrir la vérité, lorsqu''un candidat du PDG, avec l'intention de nous nuire, a fait cette déclaration aux électeurs:"Moi j'ai reçu 60 millions, Mba Abessole en a reçu 130. Il ne veut rien vous donner". Ce candidat avait oublié que nous avions reçu cette somme pour 60 candidats. Ce qui faisait un peu plus de 2 millions pour chaque candidat rassembleur. Cette proportion est restée telle jusqu'à ce jour. La prétendue hégémonie de nos frères est fondée purement et simplement sur cette injustice flagrante!

Parallèlement, on chante partout que Mba Abessole est multimilliardaire, qu'il a des immeubles partout, notamment devant le Restaurant "Le Phare du Large", des camions "Transform", des comptes bien alimentés en France et en Suisse. On peut se demander ce qu'attendent ceux qui veulent la mort politique de Mba Abessole pour publier tout cela, avec des preuves. Tout ce qu'on raconte relève évidemment de la calomnie. Mais les menteurs professionnels continuent leur travail. Ce qui est le plus regrettable, dans toute cette cabale, c'est le fait que certains de mes frères prêtres aient cru à ces calomnies et les aient répercutées auprès de leurs fidèles. J'ai vécu pourtant, pendant des années, avec certains d'entre eux, je ne pense pas qu'ils aient vu en moi un homme égoïste, aimant le luxe, le confort et l'argent. L'argent fait actuellement des ravages dans notre pays. Devant lui, tout le monde semble perdre le sens. Nous devons, ensemble, combattre cet état de chose. L'argent doit reprendre sa place de serviteur.

Je m'étais déjà ouvert au Président défunt sur cette injustice à propos de l'argent pour les campagnes électorales. Il m'avait dit que je devais lui rappeler ce problème à son retour de voyage. C'était malheureusement un voyage sans retour. Surprise pour nous deux, en tout cas, surprise pour moi. De sorte que j'en reste encore ébahi.

Quoi qu'il en soit, je souhaite personnellement que chacun prenne sa part de responsabilité. La plupart des compétences dont a besoin notre pays sont là. Nous devons les mettre en action au lieu de passer notre temps à les neutraliser et à nous entredéchirer.

Je demande aux Rassembleuses et aux Rassembleurs de revisiter chacun ses traditions familiales pour créer entre nous de nouvelles relations politiques. Il n'y a de politique que pour ceux qui existent culturellement. Ce retour, j'en suis sûr, est plus urgent que notre agitation politique actuelle beaucoup plus mues par des intérêts personnels que par l'intérêt commun. Il faut se connaître soi-même pour agir efficacement.

     Vive le Rassemblement Pour le Gabon!

     Vive la Majorité Républicaine pour l'Emergence!

     Vive le Gabon!

 

                                                          Fait à Oyem, le 14 mai 2011

 

                                                         Paul MBA-ABESSOLE

 


 

 

 


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