LES CONCEPTS STRUCTURANTS DE LA CONNAISSANCE GEOGRAPHIQUE SELON LE MODELE DE ZGOR

Léonard MBA ESSOGHO 

 

 

LES CONCEPTS STRUCTURANTS DE LA CONNAISSANCE GEOGRAPHIQUE SELON LE MODELE D’INTEGRATION DE ZGOR[i]

                   Par Léonard MBA ESSOGHO, M.A. en Didactique

 

Elaboré à la suite d’une longue et profonde réflexion épistémologique, le modèle de Zgor vise l’amélioration de la pratique éducative de la discipline géographique en mettant en relief sa spécificité intellectuelle. Nous ne nous intéresserons ici qu’aux concepts structurants de la connaissance géographique.

DES CONCEPTS STRUCTURANTS DE LA CONNAISSANCE GEOGRAPHIQUE

Ces concepts sont :

-         la morphologie ;

-         la localisation ;

-         le mouvement.

D’après Zgor, ce sont ces trois concepts qui organisent la connaissance géographique et autour desquels s’articule l’objet de la géographie. Un exemple typique qui peut les concrétiser est celui du torrent qui se distingue par sa morphologie, sa localisation relativement au relief environnant et par son mouvement de l’amont à l’aval.

1. Le concept de morphologie

Ce concept est relié à l’étude de l’anatomie des composantes des phénomènes géographiques. En dépit de son emploi pour désigner l’étude des formes de relief, il concerne toute la discipline dans la mesure où il peut être utilisé aussi bien pour analyser des phénomènes de géographie humaine que de géographie physique. C’est ce concept qui nous permet d’étudier la constitution d’un objet géographique. Dans sa thèse, Zgor explique que le concept de morphologie se manifeste par trois attributs, à savoir la forme, la structure et la taille.

Si la forme exprime les traits externes d’une entité géographique, la structure, quant à elle, décrit la constitution interne de cette entité.  A ce niveau, il est question cependant de distinguer les éléments qui constituent l’entité et la façon dont ils sont disposés et combinés. D’autre part, la taille concerne tout ce qui est relatif à la mesure et aux aspects quantitatifs comme la surface, la distance, la densité, etc.

L’importance du concept de morphologie réside dans sa capacité d’élucider, par le biais de ses trois attributs, les caractéristiques

2. Le concept de localisation

Ce concept se situe au centre des préoccupations géographiques et distingue la géographie au sein des sciences humaines. En s’inspirant d’Isnard[ii] et de Bertin[iii], le chercheur englobe dans ce concept la notion d’implantation spatiale (ponctuelle, linéaire ou zonale) des objets géographiques et la notion de position dans un système de référence.

La localisation d’un objet est absolue quand elle réfère à l’ensemble de la planète terre en se basant sur la latitude et la longitude.

Elle est relative quand elle s’effectue par rapport à la position d’autres phénomènes géographiques comme les reliefs, les courants maritimes, etc. Pour bien cerner les différentes implications de la localisation de certains phénomènes, il est important d’avoir recours à ces deux procédés de positionnement dans l’espace.

3. Le concept de mouvement

 

Zgor précise que les phénomènes étudiés en géographie ne sont pas seulement les phénomènes « statiques » mais « à l’instar de tout milieu vivant, l’espace géographique est animé par des mouvements qui dynamisent sa réorganisation » (Zgor, 1990, p.34). Ainsi, pour étudier ces mouvements, il est nécessaire de les situer dans le temps et dans l’espace selon la nature de l’objet étudié. En effet, la nature des mouvements varie : il y a le mouvement des cours d’eau, des personnes, des informations et même celui de la terre autour du soleil et autour d’elle-même. Le mouvement dans le temps montre l’évolution d’un phénomène dans l’espace. Il peut être étudié tel qu’il est ou à travers son impact. Pour rendre efficace l’utilisation de ce concept, Zgor présente des valeurs ou paramètres à travers lesquels il est possible de caractériser le mouvement de l’objet étudié : il s’agit de l’intensité, de l’envergure, de l’orientation et du rythme du mouvement. Le choix de ces valeurs varie aussi selon la nature et la portée du phénomène traité : l’intensité des échanges entre la ville et la campagne, l’orientation des masses d’air, le rythme du débit d’une rivière, l’envergure de l’évolution d’une entreprise, etc.

En définitive, les concepts « structurants » du savoir géographique, tels qu’ils sont analysés par Zgor et selon la typologie que son modèle assigne à leurs attributs et valeurs, ne peuvent être traités qu’à travers une démarche spécifique à la géographie. Cette dernière résume le raisonnement géographique en trois opérations intellectuelles fondamentales (la description, l’explication et la généralisation) que nous examinerons prochainement.



[i]   ZGOR M’hammed (1990) La géographie et la formation intellectuelle. Une contribution à l’élaboration d’un modèle didactique et son application au niveau de l’évaluation de licenciés marocains au seuil de la profession d’enseignement.Bruxelles, Vrije Universiteit, Faculté de psychologie et de pédagogie, thèse de doctorat non publiée, 346 p.

[ii] ISNARD, Hildeberd et al.(1981). Problématique de la géographie.Paris, PUF, 262 p.

[iii]BERTIN, Jacques (1973). La sémiologie graphique, les diagrammes, les réseaux, les cartes. Paris, Mouton,431 p.

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